vendredi 24 juin 2016

Dictées : 1965 / 2016

Le niveau en français de nos chères têtes blondes est-il en baisse (chute libre) ? La réponse est très certainement oui. Il suffit en outre de voir la hausse quasi-exponentielle de fautes d'orthographe ou de syntaxe jusque dans les documents officiels, livres scolaires (mais oui !) et la presse en général pour s'en persuader.
Alors que l'épreuve de français du Brevet des collèges 2016 vient d'avoir lieu, j'ai eu envie de vous proposer deux dictées : celle de cet examen, et celle du certificat d'études de 1965. Histoire de nous faire une idée concrète du niveau exigé aujourd'hui... Et hier :

1965
Qui n'a eu à souffrir de la ténacité de ces désagréables insectes, acharnés à venir se poser sur un visage d'où on les a chassés vingt fois ? Qui n'a connu les réveils prématurés d'été, quand les fenêtres ouvertes laissent dès l'aurore entrer ces hôtes indésirables, qui viennent troubler votre repos ? Qui n'a observé cent fois le geste inconscient et comique du dormeur éloignant d'une main molle la mouche venue explorer son nez ou ses joues ? Ces bestioles sont indiscrètes ; elles sont bruyantes, elles sont malpropres. Voilà bien d'insupportables défauts pour justifier le peu de faveurs dont elles jouissent.

2016
Mais il est six heures du soir. La nuit vous entre dans les yeux. On n'a plus que ses mains nues, que toute sa peau offerte à la boue. Elle vous effleure les doigts, légèrement et s'évade. Elle effleure les marches rocheuses, les marches solides qui portent bien les pas. Elle revient, plus hardie, et claque sur les paumes tendues. Elle baigne les marches, les engloutit : brusquement, on la sent qui se roule autour des chevilles... Son étreinte d'abord n'est que lourdeur inerte. On lutte contre elle, et on lui échappe. C'est pénible, cela essouffle ; mais on lui arrache ses jambes, pas à pas..."

mercredi 15 juin 2016

Homographes

La langue française est, vous le savez tous, facétieuse et nous invite à jouer avec elle. Alors ne boudons pas ce plaisir !

Les homographes, qu’ils soient ou non homophones, offrent un vaste terrain de jeux… de mots. En voici quelques exemples.

Homographes non homophones : ils ont la même orthographe… mais pas la même prononciation. Un rien déroutant pour un étranger désireux de s’approprier notre langue !
- Je suis content qu’ils vous content cette histoire.
- Il est fier mais on peut s’y fier.
- Nous relations nos relations.

Homographes homophones : non seulement ils ont la même orthographe, mais ils se prononcent aussi de la même manière, les coquins !
- Je vais d’abord te dire qu’il est d’abord agréable.
- Le bruit dérangea une grue qui alla se percher sur une grue.
- En découvrant le palais royal, il en eut le palais asséché.

Je vous ai gardé le meilleur pour la fin, même si cette phrase ne regroupe que des homophones non… homographes (vicieux, ça !) :
Le ver va vers le verre vert.
Et comme le dit avec humour le Chat :
Écrire sans faute ou écrire cent fautes... Certains ont déjà du mal à ce stade.